1°) Médéa Mountains & autres textes
d'Alima Hamel
2°) Autoportraits à la façon de Frida K.
de Christine Horman et Vi Indïgaia
3°) Vendredi au jour le jour
d'Anouch Paré
4°) Et Donc !
de Cécile Loyer et Violaine Schwarts
Médéa Mountains & autres textes : « Quand je suis retournée à Médéa en Algérie pour retrouver mes sœurs que je n’avais pas revues depuis dix-neuf ans, elles m’ont demandé de raconter notre histoire. Comment dire cette histoire que seul mon chant convoque tant elle échappe à ma compréhension ? Depuis 1997, je chante la mort de ma sœur, morte de mort violente. Un chant abstrait qui n’a de mot à prononcer tellement la violence semble indicible. Je veux faire parler Médéa, petite ville isolée au milieu des montagnes, berceau des massacres de la décennie noire algérienne. » Médéa Mountains est la narration d’un drame familial qui se déroule à Nantes où Alima Hamel est née et à Médéa, la ville de ses étés, où sa mère fera le choix d’abandonner, une à une, ses cinq filles. Alima Hamel prend comme pivot cette décision maternelle qui fera basculer sa famille. Un récit, un chant, qui convoquent les montagnes de Médéa pour y déceler la trace de cette mémoire, et évoquer en filigrane, le mythe de la mère meurtrière et la décennie noire algérienne.
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Autoportraits à la façon de Frida K. : « Moi j’ai rencontré Frida dans mon bain. C’est rare de rencontrer quelqu’un dans son bain. À la radio une voix de femme parlait espagnol. J’avais allumé une bougie, la flamme se reflétait dans un miroir qui se reflétait dans un miroir qui se reflétait dans un miroir qui se reflétait… À l’étage, mon voisin faisait des travaux avec un bruit agaçant de scie. Il y avait une fente au plafond d’où s’écoulait du plâtre […] J’avais à nouveau 7 ans. J’étais couchée sur une civière, autour de moi il y avait trois grands gars en blouse blanche… » En évoquant Frida Kahlo, Christine Horman et Vi Indigaïa tissent leur propre récit intime. Christine, atteinte de la maladie des os de verre, fait disparaître le handicap au profit de l’artiste tout en dévoilant la douleur du corps. Vi porte le sang des esclaves et celui des colons – une généalogie brisée dans la cale des bateaux négriers. Ensemble, elles tissent un conte ou l’on retrouve Héphaïstos, le dieu aux pieds retournés, la techno afro-américaine de Detroit et un peuple aquatique né des femmes noyées lors de la traite négrière. Leurs voix associées donnent naissance à une forme lumineuse affirmant la possibilité de l’amour et de l’humour.
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Vendredi, au jour le jour : « Tel·le que vous me voyez, je suis libre, / je suis nu·e, je suis seul·e. / Seul·e sur un îlot. / Seul·e sur un îlot seul. / Pas un îlot d’archipel paradisiaque / où l’on vient tâter du corail en s’ébattant parmi les dauphins bleus, non. / Un îlot désolé, au milieu du rien. / Un îlot sans nom. Un îlot ignoré par les géographes, les pirates et même les militaires. / Un îlot suffisamment vaste pour que j’aie de quoi explorer,
suffisamment limité pour que j’en puisse faire le tour.
Un îlot idéal pour qui veut s’éprouver.
Je suis libre, je suis nu·e, je suis seul·e sur un caillou introuvable dans l’océan sans soif et je veux m’éprouver. »
Vendredi, au jour le jour est le journal d’un individu de l’espèce humaine, exilé volontaire, chaussé de tongs et prêt à tout – absolument tout pour se sentir vivre. Loin de nous.
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Et Donc ! : de Violaine Schwartz et Cécile LoyerPréface de Myriam Blœdé, postface de Michèle CoquetPhotographies de Géraldine Aresteanu et Jessica Forde « La transmission, est comparable à ces chaussures, que vous voyez là, qui marchent en effet sur des traces anciennes mais qui fabriquent en même temps de nouvelles traces, pour d'autres, qui marcheront à leur tour dans ces nouvelles traces posées sur des anciennes, et ainsi de suite, et quoi qu'on fasse, qu'on le veuille ou non, nous marchons toujours dans les pas de quelqu'un d'autre et nous laissons toujours des traces, des empreintes qui nous dévoilent, qui nous dénoncent, comme les empreintes digitales, n'est-ce pas, et donc... » Pour mettre de l'ordre et trouver un sens dans la somme de témoignages et récits de vie collectés depuis 2017, Cécile Loyer et Violaine Schwartz donnent la parole à un archiviste, un archéologue spécialisé dans le néolithique, un collectionneur, une femme au bord de la crise de nerfs devant sa maison qui s'écroule, un père d'origine algérienne, une professeur de danse... et tentent, non sans peine mais avec beaucoup d'humour, de comprendre les mécanismes de la transmission.
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