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À PROPOS DE LA FAILLITE DE
NOTRE DISTRIBUTEUR
MAKASSAR







 

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Catastrophe ! 

Maledizione ! 

Révolution funeste ! 

Fin déplorable !

 

 

 

Notre distributeur (celui qui s’occupe de placer nos livres en librairie) est dans une situation financière critique. Cela impacte 200 éditeurs (et leurs équipes et auteurices) et aussi les librairies. 

Dans notre cas, cela va nous laisser 13 000 euros d'impayés, qu’on ne récupérera jamais, et cela va entraîner l’impossibilité pendant un temps de commander nos livres en librairie (sauf dans les librairies suisses !), une immobilisation partielle des stocks puis des frais de déplacement de ces stocks.

Le tout – impayés + frais à venir + manque à gagner – va dépasser les 20 000 euros.

Nous sommes quasi 200 éditeurs dans ce cas.

Un lot d'entre nous s'organise sur cette PAGE, qui centralise les liens des différentes campagnes, préliminaire au lancement d’une campagne commune en septembre.

 

Depuis presque un an, nous ne touchons pas un seul centime sur les ventes passées en librairie. À l’heure actuelle, nous ne survivons que grâce aux ventes en direct, via L'E-BOUTIQUE de ce site..

 

Mais reprenons point par point

 

Makassar est un distributeur historique de la bande dessinée, du manga et du livre.

Hobo est notre diffuseur et s’appuie sur Makassar pour la diffusion.

 

Combien y a-t-il de distributeurs en France ?

1. Hachette (appartient à Bolloré [extrême droite])

2. Interforum (appartient au groupe Éditis/Kretinsky [extrême droite])

3 Sodis (appartient au groupe Madrigal/famille Gallimard)

4. Dilisco (appartient à l’indépendant Albin Michel)

5. Media participation (Groupe belge MDS, famille Montaigne)

6. Harmonia Mundi (indépendant, famille Coutaz)

7. Belles Lettres (indépendant appartenant à la famille Desgranges)

8. Dod&, ex Vilo (diffuseur distributeur indé sarl)

09. Pollen (diffuseur distributeur indé sarl)

10. Hobo (diffuseur) + Makassar

11. Serendip (diffuseur distributeur indé)

 

En Suisse, il y OLF et Servidis

 

 

Quelle est la particularité de Hobo-Makassar ?

Outre qu’ils sont indépendants et, tout comme Serendip, acceptent de travailler avec des maisons d’édition alternatives, dont le modèle économique est artisanal alors que celui de la distribution est industriel, ce qui pose des problèmes d’ajustement d’échelles dans le volume de livres envoyés chaque jours aux librairies, Hobo-Makassar s’inscrit dans une filiation politique en droite ligne des Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP) fondées en 1947, conformément à la loi Bichet du 2 avril 1947, née de la volonté politique, liée au contexte de la Libération, de garantir aux titres de presse une diffusion nationale, équitable et économiquement viable.

 

De là, il y a eu toute une tradition de diffuseurs-distributeurs de gauche liées à l’édition et à la BD indépendante – le comptoir des indés, court-circuit, CDL, CPA, La Distri-Maspero, etc. – dont Hobo-Makassar sont les héritiers directs.

Un exemple de choix politico-économique : Makassar ne travaille pas avec Amazon.

 

Si Makassar est le distributeur de 200 éditeurs, Hobo est le diffuseur de 80 maisons de littératures et de sciences humaines – 80 maisons marquées à gauche, avec un fort tropisme du côté des milieux anarchistes & varia. Ainsi, si l’on regarde la liste des 127 coéditeurs de l’ouvrage Déborder Bolloré, qui dénonce la mainmise du milliardaire catholique d’extrême droite Bolloré sur l’édition française, on découvre qu’ils sont quasiment tous diffusés par Serendip ou Hobo.

 

Il y a donc, par-delà la dimension économique, une double dimension politique à entendre derrière l’effondrement de Makassar :

– elle conduit à une impossibilité technique pour les éditeurs alternatifs d’entrer dans le flux logistique qui permet d’arriver sur les tables des librairies

– elle conduit 80 % de l’édition militante de gauche française à être fragilisé, à un an des présidentielles françaises. Nous sommes de petites maisons mais nous jouons un rôle important pour la bibliodiversité francophone.


Tous les éditeurs ne retrouveront pas un distributeur – dans certains cas parce que la production de ces éditeurs est trop irrégulière pour qu’un distributeur accepte de travailler avec eux. Dans tous les cas, nous subissons toutes des pertes financières non recouvrables. Les mois qui viennent vont être difficiles avec de tels trous de trésorerie. Nous ne baissons pas les bras et même nous retroussons nos manches pour continuer à porter des ouvrages et auteurices qui nous tiennent à cœur.

 

 

 

Quelles conséquences immédiates auprès des librairies ?

Tout d’abord, les librairies perdent aussi de l’argent : les créances en cours chez Makassar (les livres que les libraires ont commandés, payés, puis renvoyés car invendus et dont ils attendent le remboursement) risquent de rester impayées. Par ailleurs, ils ne peuvent pour l’instant pas commander nos livres, sauf à travailler en direct avec nous, ce qui est logistiquement très compliqué.

 

Ce que nous demandons aux libraires (merci merci !)

S’ils vont pouvoir matériellement recommencer à faire des retours dès que les stocks auront été déménagés chez notre nouveau distributeur, ceux ci nous coûtent. Très concrètement : les retours, nous les paierons alors que nous ne les aurons pas encaissés  : c’est de la création pure et simple de dette. Pour L’Œil d’or, tous les retours concernant des livres commandés par les librairies entre octobre 2025 et maintenant impliqueront que L’Œil d’or débourse de l’argent sur des ventes jamais encaissées. Exemple : si la dette de Makassar est de 10 000 et que l’on a 30 % de retours, on a une dette de 3 000 qui s’ajoute à un manque à gagner de 10 000 et une absence d’entrées de fonds de 3 a 5 mois… Cela nous aiderait beaucoup donc si, pendant quelque temps (3 mois minimum et 6 mois idéalement), vous acceptiez de ne pas (trop) faire de retours. Ô librairies garder nos livres plus longtemps sur vos tables peut soulager nos trésoreries fragilisées, le temps qu’elles se stabilisent. Communiquer sur ceux que vous avez en stock, en expliquant notre situation ! Aujourd’hui, à ce stade, c’est une décision profondément politique de faire le choix de ne pas renvoyer nos livres dans ce moment de « bataille culturelle » dont nous sommes toustes acteur·ices. Si vous avez besoin de trésorerie, renvoyez donc les exemplaires de Grasset…

Mais : nous savons que les conditions ne sont pas faciles pour vous non plus. Faites comme vous pouvez.

 

 

Ce que nous demandons aux lecteurs (merci merci !)

– achetez nos livres en direct, il faut boucher cet énorme trou de trésorie !

– épuisez les stocks encore présents en librairie !

– privilégiez les librairies indépendantes

– vous vivez en Suisse ? Cela tombe bien, cette histoire ne concernent "que" les librairies françaises, belges et québécoise, vous pouvez donc nous soutenir en achetant nos livres dans vos librairies préférées.

 

En résumé :

 

1. La crise financière du distributeur (Makassar)

Le distributeur Makassar est en faillite, ce qui met en péril tout l’écosystème éditorial indépendant.

Cette situation impacte directement près de 200 éditeurs francophones, leurs équipes et les auteurs – mais aussi les 19 salariés de Makassar, et les librairies.

Elle nuit à la bibliodiversité française.

 

2. Conséquences financières pour la maison d’édition

Aucun revenu n’a été perçu sur les ventes en librairie depuis près d’un an.

La survie actuelle dépend uniquement des ventes directes réalisées via l’e-boutique.

Pour L’Œil d’or, les pertes cumulées dépassent les 20 000 euros, incluant :

13 000 euros d’impayés définitifs.

Des frais logistiques liés à l’immobilisation partielle et au déplacement des stocks.

Un manque à gagner et des trous de trésorerie majeurs (absence d’entrées de fonds pendant 3 à 5 mois).

Une dette supplémentaire potentielle (ex : 3 000 euros liés aux retours).

 

3. Impact logistique et opérationnel

Il est temporairement impossible de commander les livres de l’éditeur en librairie (sauf en Suisse ! Vivent les lecteurs et les librairies helvètes !).

Si nous signons avec un nouveau distributeur pour relancer les opérations, les pertes passées restent irrécupérables.

 

4. Appel à l’aide et solutions collectives

Aux lecteurs : 

Une page centralise les différentes campagnes de soutien des éditeurs touchés,

avant le lancement d’une campagne commune prévue en septembre. Elle est visible

ici.

ET vous pouvez acheter nos livres en direct sur le site.

Aux libraires : 

L’éditeur demande de garder les livres en table plus longtemps et de ne pas faire de retours pendant 3 à 6 mois.

Pourquoi ? Matériellement possibles après le déménagement du stock, les retours coûteront très cher à l’éditeur qui devra rembourser de l’argent sur des ventes jamais encaissées. Ne pas faire de retours protège la trésorerie fragile de l’éditeur pour éviter de démarrer l’année 2026-27 en négatif.

 

5. Réflexion politique et structurelle

Cette crise met en lumière les failles d’une chaîne du livre ultra-concentrée, inadaptée aux éditeurs et libraires indépendants alternatifs.

Soutenir les éditeurs indépendants en évitant les retours est présenté comme un choix politique et culturel fort face aux grands groupes (comme Grasset).


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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