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AUTOPORTRAITS À LA FAÇON DE FRIDA K.

de Vi Indigaïa & Christine Horman

 

« Moi j’ai rencontré Frida dans mon bain. C’est rare de rencontrer quelqu’un dans son bain. À la radio une voix de femme parlait espagnol. J’avais allumé une bougie, la flamme se reflétait dans un miroir qui se reflétait dans un miroir qui se reflétait dans un miroir qui se reflétait… À l’étage, mon voisin faisait des travaux avec un bruit agaçant de scie. Il y avait une fente au plafond d’où s’écoulait du plâtre […] J’avais à nouveau 7 ans. J’étais couchée sur une civière, autour de moi il y avait trois grands gars en blouse blanche… »

 

En évoquant Frida Kahlo, Christine Horman et Vi Indigaïa tissent leur propre récit intime. Christine, atteinte de la maladie des os de verre, fait disparaître le handicap au profit de l’artiste tout en dévoilant la douleur du corps. Vi porte le sang des esclaves et celui des colons – une généalogie brisée dans la cale des bateaux négriers. Ensemble, elles tissent un conte ou l’on retrouve Héphaïstos, le dieu aux pieds retournés, la techno afro-américaine de Detroit et un peuple aquatique né des femmes noyées lors de la traite négrière. Leurs voix associées donnent naissance à une forme lumineuse affirmant la possibilité de l’amour et de l’humour.

 

Vi Indigaïa

Originaire de Martinique, Vi Indigaïa suit un riche parcours artistique mêlant danses diverses, arts du cirque, chant et théâtre. Elle s'oriente d'abord vers des performances physiques et collectives sans parole dans des lieux alternatifs. Sa trajectoire évolue lors de sa rencontre avec le conte. Cet art du récit devient pour elle un espace de liberté idéal, où elle fusionne le chant, la danse et la parole nue pour explorer l'équilibre entre la voix et le corps. À travers une parole à la fois poétique, politique et fantastique, elle convoque ses racines antillaises dans des spectacles comme Iüanacaera, Le Cœur squelette ou Le Baobab à plumes. Son répertoire varié rassemble des contes traditionnels, des récits de vie et des créations personnelles traversés par un humour salvateur. Artiste à l'oralité vagabonde, elle performe à l'international (Suisse, Belgique, France, Québec) et investit des espaces multiples, des théâtres aux parcs et forêts. Elle transmet également son art via des ateliers intergénérationnels et s'investit localement en Suisse au sein de l'Association Paroles à Neuchâtel, qui organise notamment le festival Les Jobelins.

 

Christine Horman

Formée en philosophie, théâtre et cinéma, Christine Horman consacre sa vie aux histoires. Membre de la troupe du Théatropolitain, elle écrit et met en scène des créations collectives. Son écriture, essentiellement narrative, s'enrichit suite à sa découverte de la pensée de Carl Gustav Jung, qui lui ouvre les portes du répertoire oral. Pour elle, le conte permet de créer un espace-temps unique, dépouillé d'artifices, s'appuyant uniquement sur le corps et la parole. Ce travail de recherche et de patience lui vaut d'être lauréate en 2016 du prix du Festival du conte de Chiny. Son œuvre explore la puissance de l’oralité et gravite autour de la « blessure d'incarnation » et du poids du temps. Atteinte de la maladie des os de verre, une partie de son travail, notamment dans son spectacle solo Faisons des Vivants, navigue au cœur d'un paradoxe : effacer le handicap visuel de la chaise roulante au profit de la performance artistique, tout en racontant la réalité et la douleur du corps discriminé. Parallèlement à ses propres spectacles (Eurydice, Mélusine), elle accompagne d’autres artistes, anime des ateliers sur la symbolique des contes et participe à la programmation de Conte en balade à Bruxelles.

 

12 € / 15 CHF

80 pages, n&b, 11,5 x 17 cm, 15 septembre 2026

ISBN 9782490437535

AUTOPORTRAITS À LA FAÇON DE FRIDA K.

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